Les 12 travaux du verger bio

Introduction 

Pourquoi choisir des aliments bio?

Beaucoup de gens font ce choix pour leur santé, souhaitant ainsi manger un peu moins de résidus de pesticides.

C’est une excellente raison, mais de plus, choisir des aliments bio c’est jouer un rôle important dans la protection de l’environnement. En effet, non seulement la production biologique n’autorise aucun engrais, insecticide ou fongicide de synthèse, mais le succès de la production bio influence toute l’industrie agricole, l’incitant à réduire l’utilisation de produits de synthèse, dits chimiques. Conséquemment, les aliments bio contribuent énormément à la protection de l’environnement!

D’ailleurs, plusieurs techniques utilisées en régie biologique sont aussi utilisées en régie conventionnelle. La production biologique est devenue l’occupation d’agriculteurs avisés et prudents, qui se tiennent à la fine pointe des progrès agricoles.

Nous vous remercions de choisir des aliments biologiques!

Comment produire de belles pommes bio?

Voici un aperçu des travaux du verger :

La taille d’hiver

Vers la fin de l’hiver, nous taillons les grosses branches mortes, les branches inutiles (trop basses), nuisibles (dans le chemin) ou trop encombrantes. Les pommes doivent profiter du soleil et d’une bonne aération pour ne pas rester humides trop longtemps afin de limiter le risque de maladies et d’infestations d’insectes. En outre, la taille permet l’application uniforme des produits protecteurs.

La taille d’été 

En été, nous taillons les gourmands, c’est-à-dire toutes les petites branches (presque toujours verticales) qui sortent chaque année un peu partout et qui encombrent l’arbre et le privent de lumière.

Le dépistage

Le dépistage consiste à observer la présence de maladies et d’insectes nuisibles dans le verger pour déterminer les interventions nécessaires. Pour ce faire, nous utilisons les excellents services d’un club d’agronomes. Vous verrez dans certains arbres divers pièges à insectes dont des pommes et des cartons blancs encollés. On vérifie les pièges pour savoir si la présence d’insectes nuisibles nécessite une intervention. De plus, les agronomes vont examiner des dizaines de feuilles pour dénicher d’autres insectes ou œufs d’insectes (parfois à la loupe!).

Les pulvérisations et les autres moyens

Pour protéger les pommiers des diverses maladies et des insectes, nous pulvérisons de l’huile de soya bio au printemps contre les mites, des fongicides comme le soufre contre la tavelure tout au long de la saison et divers insecticides bio, comme du savon et un appât de mélasse noire fermentée assaisonnée (!) d’insecticide bio. Nous utilisons aussi des bio-insecticides, c’est-à-dire des insecticides préparés à partir d’organismes vivants ou de substances qu’ils produisent, comme le bacillus thuringiensis (communément appelé le BT) contre la tordeuse à bande oblique. Ce bio-insecticide est utilisé depuis longtemps dans les forêts contre la tordeuse d’épinette.

Le type d’application d’un insecticide joue aussi un rôle : par exemple, nous ne pulvérisons souvent que le contour du verger pour bloquer l’entrée aux insectes nuisibles (particulièrement ceux qui hivernent dans les boisés comme le charançon de la prune) tout en protégeant les prédateurs utiles au centre du verger. Ainsi, nous conservons un bassin d’insectes prédateurs qui pourront poursuivre leur travail. Au besoin, nous ensemençons le verger d’insectes prédateurs qui voient à tenir en respect les insectes nuisibles. Des fiers-à-bras, mais tout petits!

Parmi les autres moyens à notre disposition, mentionnons la confusion sexuelle (utilisation de phéromones pour nuire à la reproduction des insectes nuisibles) et le piégeage massif. L’inconvénient du piégeage massif est qu’il élimine les possibilités de dépistage. Ainsi, on doit attendre de voir les dégâts d’insectes sur les pommes pour intervenir, ce qui est souvent trop tard.

L’éclaircissage

Il ne sert à rien de laisser un pommier porter trop de pommes. Elles seront trop petites, les branches risquent de casser sous le poids des pommes et l’arbre s’épuisera, ce qui diminuera sa production l’année suivante. Il faut donc éliminer les pommes excédentaires. Pour ce faire, deux moyens s’offrent à nous : la pulvérisation d’un produit destiné à « brûler » les fleurs dès la pollinisation terminée et l’éclaircissage manuel. L’éclaircissage par pulvérisation est difficile à réaliser et doit être fait au bon moment. L’éclaircissage manuel est souvent requis pour terminer le travail.

La pose d’une armure

Il faut aussi protéger les troncs des rongeurs (d’où les grillages au bas des arbres), dont les porcs-épics, qui ont la fâcheuse habitude de gruger l’écorce tout le tour de l’arbre, ce qui peut leur être fatal.

Le feu bactérien 

La bactérie qui cause le feu bactérien est toujours présente dans les vergers et ne se manifeste que lorsque les « bonnes » conditions sont réunies, c’est-à-dire la chaleur et l’humidité durant la floraison. Il faut préciser que les interventions préventives sont extrêmement limitées et moins efficaces en régie biologique. Une fois qu’un pommier est infecté, on doit couper les branches de 30 à 60 cm derrière la partie infectée. C’est un peu comme la gangrène. Comme ce sont les fleurs qui sont infectées, ce sont les branches fruitières qui sont élaguées. Ainsi, de loin certains arbres semblent avoir été épargnés, mais ils ne portent aucun fruit. La Paula Red est particulièrement sensible à cette maladie et nous avons dû couper ces arbres après la récolte de 2015.

En 2016, le feu s’est répandu dans le verger. Conséquemment, nous avons perdu près de 60 p. 100 de notre récolte, et ce, jusqu’à ce que les branches coupées cette année-là repoussent. Bien entendu, cette maladie n’altère en rien la qualité ou la salubrité des pommes : c’est le pommier qui écope.

En 2017, nous avons échappé au pire, car la météo n’a pas été propice à la prolifération du feu bactérien. Nous avons donc une belle récolte en perspective!